La surconsommation de denrées alimentaires, l’une des responsables du gaspillage alimentaire

Etoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactives
 
Si on entend beaucoup parler du gaspillage alimentaire lié à ce que l'on jette, on parle trop peu du gaspillage lié à la surconsommation de denrées alimentaires. Et pourtant, ce sont des milliards de tonnes gaspillées suite à une consommation excessive. Explications :
La surconsommation de denrées alimentaires, l’une des responsables du gaspillage alimentaire

Des années maintenant que les autorités nous incitent à faire attention au gaspillage alimentaire. Et pour cause : à l’échelle mondiale, 1.3 milliard de tonnes d’aliments sont gaspillées chaque année et 10 millions de tonnes rien qu’en France. Mais il y a une part de gaspillage qu’on tait trop souvent : la surconsommation de denrées alimentaires. Et cela représenterait 140 milliards de tonnes à l’échelle planétaire. Explications.

Surconsommation de denrées alimentaires et gaspillage

Une étude publiée cette année dans Frontiers in Nutrition révèle de bien tristes chiffres. Oui, ce sont bien 140 milliards de tonnes d’aliments qui sont consommées en excès, un chiffre que les chercheurs associent au surpoids et à l’obésité. Ils estiment que cela correspond à une production de 240 milliards de tonnes de CO2 chaque année. À titre de comparaison, cela représente l’équivalent de l’ensemble des émissions provenant des énergies fossiles de ces sept dernières années. Et on n’ose même pas évoquer l’impact sur l’eau et la terre…

Les champions de la surconsommation

Ce sont l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Océanie qui sont les champions de la surconsommation de denrées alimentaires, continents où l’obésité est d’ailleurs la plus répandue. La viande, les céréales, les produits laitiers, les œufs et l’alcool sont les familles d’aliments consommées en excès sur ces continents. Néanmoins, ce sont les fruits, les légumes et les tubercules qui ont le taux de gaspillage direct le plus élevé. Seulement, ces produits représentent une faible part de l’excès calorique et les ressources nécessaires sont bien moindres. Au contraire, la viande, les produits laitiers ou encore les œufs nécessitent davantage de ressources et d’énergie.

Comprendre de tels chiffres

Afin de parvenir à de telles conclusions, l’équipe du Pr Toti a calculé le poids total (en kilo) de l’excès de graisse corporelle qu’elle a comparé à l’IMC moyen de chacun des pays. Ensuite, ladite équipe a recherché l’origine de cet excès pondéral d’après les données de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) selon le type de denrées : produits laitiers, céréales, viande, poisson, légumineuses… Céline Deluzarche évoque pour Futura Sciences le possible biais de cette étude : les calculs de ces données sont pour chaque pays et non chaque individu. Or, on peut « supposer que les populations en surpoids ont une alimentation plus riche en produits transformés, sucres et matières grasses », denrées dont la surconsommation est bien moindre selon l’étude de Frontiers in Nutrition.

Quelle stratégie adopter pour limiter la surconsommation de denrées alimentaires ?

Pour l’équipe du Pr Elizabeth Toti, il est nécessaire de réduire la viande, les produits laitiers et les œufs afin de réduire « le fardeau écologique des produits d’origine animale », mais aussi de limiter la prévalence du surpoids et de l’obésité. Il faut certes manger de tout, mais en quantités adaptées.

Elle souligne en outre que l’activité physique à outrance n’est pas la solution. Si la pratique d’une activité physique contribue à lutter contre le surpoids et l’obésité, elle ne permet néanmoins pas de diminuer la production de denrées alimentaires. Il est donc recommandé, selon les auteurs, d’adapter notre alimentation à nos besoins physiques réels plutôt que d’adapter notre activité physique à notre alimentation.

Sur le même sujet :
Faut-il perdre du poids pour gagner en qualité de vie ?
Des inégalités face à l'obésité

Sources :
Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture
Frontiers in Nutrition
Futura Sciences

Experts en santé et nutrition depuis plus de 10 ans

Confidentialité totale de vos données de santé

94% de nos clients ont atteint leur objectif

Paiement sécuriséPaiement sécurisé

Tous les droits sont réservés wecookwecare.com ©